L’ex chef d’Etat sénégalais n’avait pas encore réagi à la décision du tribunal judiciaire de Paris au moment de la mise en ligne de cet article. Par contre, le site nonamacky en a pris acte en ces termes :
« Nous avons pris connaissance des récents articles de presse. Par respect pour le cours de la justice, nous ne commenterons aucune affaire juridique tant qu’elle demeure en cours. Notre mission reste inchangée ».
Le site nonamacky.org mène depuis plusieurs mois une campagne mondiale active contre la candidature de Sall. Sa démarche vise à sensibiliser les représentations diplomatiques, les groupes de pression internationaux et certains décideurs sur le ‘’bilan immatériel’’ du candidat par ailleurs mollement soutenu par l’exécutif sénégalais.
Sur sa plateforme en ligne déclinée en neuf langues dont toutes celles du Conseil de sécurité des Nations unies, le site fait état de « preuves documentées » contre Macky Sall sur la période 2012-2024 : plus de 65 vies perdues, 7 milliards de dollars de dette cachée, des violations constitutionnelles, des disparitions de personnes, l’impunité de la loi d’amnistie, etc.
Candidat au poste de Chef de l’ONU, Macky Sall a multiplié les voyages à travers le monde, rencontré des acteurs de premier plan pour un soutien à son projet. A défaut d’être soutenu par l’Union africaine, il a fait porter sa candidature par le Burundi dont le leader Evariste Ndayishimiyé assure la présidence tournante de l’organisation continentale.
Alors que ses résultats dans les votes informels du Conseil de sécurité ne semblent pas conformes pour le moment à ses voeux, Macky Sall se voit contraint de continuer à composer avec la plateforme en ligne dont les griefs constituent une vraie entrave à sa stratégie de communication.
Selon le tribunal parisien, le débat d’intérêt général doit rester un acquis des droits essentiels liés à l’information et à sa circulation. Cette vision est d’autant plus à protéger partout dans le monde que Macky Sall est une personnalité politique et publique de premier plan dont l’ambition est de diriger une institution aussi prestigieuse que l’Organisation des Nations unies (ONU). Sous cet angle, ses actions et son bilan en douze ans de gouvernance ne peuvent que relever du droit légitime d’information et de la liberté d’expression.
Ainsi, la décision du tribunal judiciaire de Paris fait le distinguo entre ce qui relève de la critique d’un bilan de gestion sur douze ans de pouvoir et ce qui est attaques personnelles. Ici, les juges parisiens différencient la dénonciation légitime de dérives et d’abus de pouvoir constatés et potentiellement documentés par des organisations de la société civiles, d’une part. C’est alors le fonctionnement et la responsabilité de l’Etat sénégalais et de certains de ses dirigeants qui sont directement mis en cause. Ce qui, d’autre part, écarterait les allégations de diffamation dont se prévaut l’ancien président intuiti personae.