Cacao en Côte d'Ivoire : Une crise d'ajustement après l'euphorie

Mercredi 2 Septembre 2026

Photo d'illustration (DR)

La filière cacaoyère ivoirienne traverse une phase d'ajustement très délicate. Après l'explosion des cours mondiaux en 2024-2025 (qui avait permis d'annoncer un prix record de 2 800 FCFA/kg pour les producteurs), le rééquilibrage violent des marchés internationaux a contraint l'État à revoir ses barèmes.

 

Fixation des prix et pression budgétaire : Pour la campagne 2026-2027, le prix garanti aux producteurs a été fixé à 1 200 FCFA/kg. Le Conseil Café-Cacao (CCC) a dû absorber d'importantes pertes pour éponger les écarts entre les ventes par anticipation et le repli des cours spot, pesant directement sur la marge de manœuvre budgétaire de l'État. EcoMatin

Traçabilité et normes européennes : La Côte d'Ivoire déploie massivement la carte du producteur (plus de 900 000 cartes distribuées) afin de se conformer au Règlement sur la déforestation de l'Union européenne (RDUE). Ce système doit tracer chaque sac de cacao du village d'origine jusqu'au port d'embarquement (San Pedro / Abidjan) pour éviter la déforestation et l'orpaillage clandestin dans les vergers.

Transformations locales : L'objectif national de transformer 50 % des fèves brutes sur le sol ivoirien reste prioritaire pour capturer la valeur ajoutée face à la volatilité des marchés d'exportation.
 

Contrôle des ressources minières en Afrique de l'Ouest : Souveraineté et reconquête

 

L'Afrique de l'Ouest s'impose plus que jamais comme l'un des cœurs aurifères et miniers de la planète (plus de 530 tonnes d'or produites dans la région). Cependant, les régimes réglementaires et politiques se rigidifient pour imposer une meilleure captation des rentes minières par les États. Finances AO

 

1. Réforme des Codes miniers et nationalisme économique (AES)


Mali et Burkina Faso : Les gouvernements de transition ont profondément révisé leurs codes miniers pour augmenter la participation directe des États et des privés locaux dans les projets (jusqu'à 30-35 % de parts exigées au Mali). Les audits systématiques des contrats existants et les fermetures/reprises de contrôle de certains sites d'orpaillage marquent la fin de l'ère des conventions ultra-favorables aux majors étrangères. Finances AO
 

2. Reconfiguration de la carte des investissements

 

Redirection des capitaux : Les incertitudes juridiques dans la zone Sahel poussent une partie des fonds d'exploration (junior exploration) vers la Côte d'Ivoire et la Guinée, perçues comme plus stables.

Côte d'Ivoire & Guinée : La Côte d'Ivoire connaît un essor de sa production aurifère (dépassant 55-60 tonnes/an) avec le lancement de projets majeurs (comme le gisement de Koné). La Guinée, de son côté, s'appuie sur la bauxite et l'or, tout en maintenant la pression pour la concrétisation des infrastructures liées au projet de fer géant de Simandou. Ceux Qui Font l'Afrique+ 2
 

3. Lutte contre la fuite des ressources et l'orpaillage illégal

 

Transformation locale & Interdiction du brut : Le Ghana (premier producteur de la région avec ~140 tonnes) et ses voisins renforcent la réglementation sur le raffinage local. Le Ghana limite sévèrement l'exportation d'or brut non raffiné et favorise la Banque centrale pour racheter directement la production locale afin de garnir ses réserves d'or. Finances AO

Fléau du "Galamsey" : L'orpaillage clandestin menace l'environnement (pollutions au mercure, dégradation des bassins versants) et nourrit l'économie informelle. La Côte d'Ivoire, le Ghana et le Sénégal multiplient les opérations militaires conjointes et les coalitions régionales pour démanteler ces réseaux informels. Finances AO

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Momo ALADJI
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