Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l’armée soudanaise, ont attaqué, lundi 11 août 2025, un camp de déplacés du Darfour du Nord touché par la famine, tuant plus de 40 civils et en blessant au moins 19, ont annoncé des secouristes locaux.
Les FSR ont pris d’assaut le camp d’Abou Chouk, ouvrant le feu sur des civils à l’intérieur de leur maison et dans les rues, a rapporté la cellule d’urgence du camp, alors que les combattants progressaient vers El-Fasher, dernière ville de la région du Darfour, dans l’ouest du Soudan, encore tenue par les forces armées.
Le groupe de secours a affirmé que les civils avaient été « tués soit par des balles perdues, soit par des exécutions directes ». Le comité local de résistance, un groupe prodémocratie, a confirmé ce bilan et dénoncé des « violations horribles commises contre des personnes innocentes et non armées ».
Ces derniers mois, El-Fasher et les camps de déplacés voisins ont de nouveau été pris pour cible par les FSR, après le retrait des paramilitaires de la capitale, Khartoum, en mars. En avril, une offensive majeure des FSR contre le camp de Zamzam avait contraint des dizaines de milliers de personnes à fuir. Beaucoup ont trouvé refuge à l’intérieur même d’El-Fasher.
Le pays est de facto divisé : les paramilitaires contrôlent à présent la quasi-totalité du Darfour et, avec leurs alliés, certaines zones du sud du Soudan, tandis que l’armée tient le nord, l’est et le centre du pays. [Le Monde avec AFP]