Au Soudan, les militaires ont toujours la haute main sur l’économie et la politique étrangère

Mardi 14 Septembre 2021

Il y a deux ans, les militaires s’engageaient à remettre le pouvoir aux civils au Soudan. Mais aujourd’hui encore, les premiers ont toujours la haute main, tandis que les seconds peinent à organiser la transition, notent des experts. En août 2019, les généraux signaient un accord historique avec les factions politiques à la pointe du mouvement populaire qui venait de renverser l’autocrate Omar al-Bachir après trente ans d’un règne sans partage. Ils décidaient ensemble d’une transition, prévue pour trois ans et finalement allongée en octobre après un accord de paix entre le gouvernement et une coalition de groupes rebelles.
 
L’armée devait partager les pouvoirs régaliens jusqu’à ce qu’un gouvernement civil et un parlement mènent la transition à son terme. « Il y a des relations cordiales entre les deux camps, mais ils n’ont que rarement travaillé main dans la main et l’armée a gardé tout son pouvoir », explique à l’AFP Jonas Horner, de l’International Crisis Group (ICG). Car, détaille le chercheur, si « l’armée a traîné des pieds », les civils ont ajouté « des divisions » à leur « absence de pouvoir », empêchant la transition de s’amorcer.
 
Les dissensions internes rongent les Forces pour la liberté et le changement (FLC), moteur de la révolution populaire. Surtout, le gouvernement de transition emmené par Abdallah Hamdok a vu sa popularité fondre à mesure qu’il annonçait des réformes économiques et ne faisait pas avancer devant la justice la cause des familles des victimes de l’ère Bachir. (Le Monde avec AFP)
 
 
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