Au Burkina Faso, une avocate interpellée pour « trahison » et « outrage » au chef de la junte

Lundi 8 Septembre 2025

Une avocate burkinabée a été « appréhendée » par des « personnes armées » la semaine dernière à son domicile à Ouagadougou. Elle est accusée de « trahison » et « outrage » au chef de la junte, après des publications critiques du régime militaire au pouvoir, a-t-on appris dimanche de sources judiciaires. 

 

Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, des « personnes armées se présentant comme étant de la gendarmerie nationale ont forcé les accès au domicile » de Me Ini Benjamine Esther Doli et « l’ont appréhendée et emmenée de force », a écrit dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) le bâtonnier du Burkina Faso, Batibié Benao. Exigeant « sa libération immédiate », il a précisé ignorer le lieu où elle se trouve. 

 

Le procureur du pays, Bakouli Blaise Bazié, a annoncé samedi l’ouverture d’une enquête contre cette avocate pour des faits présumés « de trahison, outrage au chef de l’Etat et entreprise de démoralisation des forces armées ». Le parquet dit avoir constaté fin août une série de publications sur le profil Facebook de Mme Doli pouvant justifier d’une « qualification pénale ». 

 

Dans ses publications, Mme Doli dénonçait notamment les « violations des droits humains » et les dérives du régime du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022. Elle avait même adressé une lettre ouverte au président russe Vladimir Poutine, dont le Burkina Faso s’est rapproché ces dernières années. Elle demandait notamment à ce dernier de dire aux autorités de son pays de « libérer toutes les personnes » détenues « injustement dans des lieux obscurs et privés sans aucun mandat de la justice ». [Le Monde avec AFP]

 
Nombre de lectures : 153 fois