Après le Venezuela, à nouveau l'Iran dans le viseur fasciste étasuno-sioniste

Jeudi 15 Janvier 2026

Fodé Roland Diagne

La « guerre des 12 jours » contre l’Iran s’est révélée un échec patent pour la coalition israélo-US. Aucun des objectifs des agresseurs sionistes doublés des bombardements US n’ont été atteints : ni le renversement du régime des Ayatollahs, ni l’arrêt du programme nucléaire civil, ni la fin du soutien à la résistance du peuple génocidé palestinien. Les sanctions non plus ne sont arrivées à mettre à genou le pouvoir iranien même si elles provoquent des difficultés socio-économiques dans le pays.

 

Le Venezuela a subi la même stratégie d’étouffement socio-économique par les sanctions d’autant plus drastique parce que son économie néocoloniale dépendant de la mono-production du pétrole était sous contrôle de l’impérialisme US à plus de 60 %. Il est à noter que c’est l’échec de la déstabilisation par les sanctions qui a conduit le couple Trump/Rubio à organiser le blocus naval puis le kidnapping du président légal et légitime Maduro et son épouse.

 

L’essence de l’économie coloniale et néocoloniale empêche nécessairement le développement des forces productives, c’est-à-dire organise la dépendance économique du pays colonisé ou néo-colonisé à celle de la métropole impérialiste et/ou à la « mondialisation » du capitalisme impérialiste pour empêcher son développement économique endogène. Iran et Venezuela, tout comme tous les pays du Sud Global, anciennement dénommé Tiers-Monde, sont confrontés à divers degrés à cette oppression frein au développement des forces productives industrielles, technologiques et scientifiques.

 

Formant en moyenne près de 250.000 ingénieurs par an, l’Iran a été en capacité de riposter efficacement, notamment sur le plan balistique et des missiles, à l’agression des génocideurs sionistes du peuple martyr de Palestine qui ont été obligés de faire appel au « grand frère » yankee.

 

Au départ, les manifestations en Iran exigeaient la satisfaction de revendications socio-économiques populaires, plus de liberté civile, dénoncent la corruption et l’embourgeoisement de la théocratie au pouvoir. Mais très vite, à l’instar des « révolutions colorées » du Maïdan en Ukraine et plus généralement dans les pays de l’est européen, des « printemps arabes » en Tunisie, Égypte, Syrie, Libye ou des « conférences nationales » en Afrique noire, l’impérialisme et ses agents locaux se sont mis à dévoyer les manifestations socio-économiques en y infiltrant des provocateurs terroristes qui ont assassiné plus d’une centaine de policiers et en mobilisant une campagne de presse mondiale présentant le fils du Shah comme l’alternative aux Ayatollahs. La dotation d’agents néo-coloniaux de téléphones satellitaires starlink d’Elon Musk que les ingénieurs iraniens ont bloqué est un indice des manigances impérialistes.

 

Or seul le peuple iranien a et doit avoir le droit de décider qui gouverne en Iran ! Comme le déclare le Parti Communiste Cubain « personne ne nous dicte ce que nous devons faire, le peuple cubain ne cédera ni aux menaces ni au chantage » ! Autrement dit, les peuples rejettent les prédateurs envahisseurs qui naviguent sous pavillon volé, celui de la liberté et de la démocratie pour voiler les plans des gros bourgeois pour s’emparer des richesses des pays appauvris par la domination impérialiste !

 

Le « ni ni » renvoyant dos à dos le régime des Ayatollahs et la CIA/Mossad est en réalité un stratagème au service des objectifs des impérialistes et des sionistes. Ce « ni ni » a servi à l’implosion de l’État yougoslave en 1999, à l’assassinat de Saddam Hussein en Irak après 2003, à la capture de Gbagbo en 2010, au lynchage de Khaddafi en 2011, à la chute de Assad en 2024, à la prise en otages de Maduro et de son épouse Cilia en 2026, etc. Ce « ni ni » est une négation totale mais attrape-nigaud du rapport des forces entre agresseurs prédateurs impérialistes et agressés résistants féodaux, bourgeois ou petits bourgeois au pouvoir dans les pays opprimés. Ce « ni ni » est chauvin, social chauvin de la part des partis et militants des pays et États impérialistes et néocolonial de la part de ceux des pays et États dominés.

 

Contre les opportunistes chauvins et sociaux chauvins, Joseph Staline avait raison de rappeler que “Le caractère révolutionnaire du mouvement national n'implique pas nécessairement l'existence d'éléments prolétariens dans le mouvement, l'existence d'un programme révolutionnaire ou républicain du mouvement, l'existence d'une base démocratique du mouvement. La lutte de l'émir afghan pour l'indépendance de l'Afghanistan est objectivement une lutte révolutionnaire, malgré le tour monarchiste des conceptions de l'émir et de ses partisans, car elle affaiblit, désagrège, et sape l'impérialisme. Cependant que la lutte des démocrates et des 'socialistes' à tous crins, des 'révolutionnaires' et des républicains tels que, par exemple, Kerenski et Tsereteli, Renaudel et Scheidemann, Tchernov et Dan, Henderson et Clynes pendant la guerre impérialiste était une lutte réactionnaire, car elle avait pour résultat de maquiller, de consolider, de faire triompher l'impérialisme […]. Lénine a raison lorsqu'il dit que le mouvement national des pays opprimés doit être apprécié, non du point de vue de la démocratie formelle, mais du point de vue de ses résultats effectifs dans la balance générale de la lutte contre l'impérialisme, c'est-à-dire non isolément mais à l'échelle mondiale." (Staline, Les Questions du Léninisme t.1, p. 57).

 

Si d’aventure, Israël assassin des Palestiniens et USA attaquent à nouveau l’Iran, « la lutte des Ayatollahs pour l'indépendance de l'Iran est objectivement une lutte révolutionnaire, malgré le tour monarchiste des conceptions des Mollahs, car elle affaiblit, désagrège, et sape l'impérialisme » parce que « ses résultats effectifs dans la balance générale de la lutte contre l'impérialisme, c'est-à-dire non isolément mais à l'échelle mondiale » contribue à la fin progressive de l’hégémonie impérialiste US/UE/G7/Israël et à l’avènement du monde multipolaire dans la marche de l’humanité vers la liberté et l’égalité entre les peuples.

 

Voilà pourquoi, l’humanité démocratique, à fortiori les anti-impérialistes révolutionnaires et les communistes, doivent mettre en avant le mot d’ordre : Impérialisme, bas les pattes devant les peuples ! Non aux guerres impérialistes ! Vive la résistance des peuples à la barbarie impérialiste !

15/01/26 

Fodé Roland Diagne

 
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