Trois mois après avoir décrété la mobilisation générale, le gouvernement nigérien a annoncé la création de milices pour aider l’armée à lutter contre les groupes djihadistes dans le pays. Le 27 mars 2026, le conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance qui institue des « organisations territoriales d’autodéfense », nommées « Domol Leydi » (« gardiens de la terre », en fulfuldé).
Ces « auxiliaires » des Forces de défense et de sécurité (FDS) seront chargées de « missions de sensibilisation, de renseignement et d’autodéfense », selon les termes de la déclaration du gouvernement nigérien. Formées de volontaires rémunérés en « avantages sociaux et pécuniaires », elles seront dotées « d’armements et d’équipements dont la gestion est assurée par l’Etat ».
En août 2025, le pays dirigé par le général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis 2023, avait fait un premier pas dans cette direction, annonçant la création du programme « Garkouwar Kassa » (« bouclier de la patrie », en haoussa), pour former de jeunes volontaires à patrouiller avec les FDS. S’il ne s’agissait pas explicitement d’autodéfense, ce tournant amorcé avait déjà soulevé des inquiétudes, alors que l’armée nigérienne restait jusque-là opposée à l’idée de travailler avec des milices. [Le Monde]