Le groupe pétrolier et gazier algérien Sonatrach a signé, mercredi, deux contrats d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC) avec des entreprises italienne et chinoise, dans le cadre de la réalisation d'un grand projet phosphatier dans le nord-est du pays.
La cérémonie de signature s'est déroulée au siège du groupe public à Alger, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de responsables des entreprises concernées, selon le correspondant de l'Agence Anadolu.
Le premier contrat a été signé avec la société italienne Saipem, et porte sur la réalisation d'installations de transformation et de production d'engrais sur les sites de Bled El Hadba dans le gouvernorat de Tébessa, et d'Oued Kéberit dans le gouvernorat de Souk Ahras (nord-est), a indiqué Sonatrach dans un communiqué.
Quant au second contrat, précise le communiqué, il a été conclu avec la société chinoise d'ingénierie portuaire China Harbour Engineering Company (CHEC), et concerne la réalisation des infrastructures portuaires dédiées au projet au niveau du port d'Annaba (nord-est).
Le Projet de Phosphate Intégré (PPI) vise, selon le document, à développer l'extraction et l'enrichissement du gisement de phosphate de Bled El Hadba, avant sa transformation chimique, ainsi qu'à utiliser le gaz naturel pour produire des engrais phosphatés et azotés et les produits intermédiaires nécessaires, sur le site d'Oued Kéberit.
Ce projet revêt une importance stratégique pour l'économie algérienne, souligne le communiqué, car il permettra de répondre aux besoins croissants du secteur agricole en engrais, tout en destinant l'excédent de production à l'exportation via les installations du port d'Annaba, ce qui renforcera la valeur ajoutée pour l'économie du pays.
La capacité d'extraction du projet s'élève à 5,5 millions de tonnes de phosphate brut par an, tandis que sa capacité globale de production de phosphate concentré atteint 3,2 millions de tonnes par an, ajoute la même source.
Sur le site d'Oued Kéberit, le projet comprend un complexe regroupant plusieurs unités pour la production annuelle de 2,4 millions de tonnes d'engrais phosphatés et de 570 000 tonnes d'engrais azotés (urée), en plus de la production des produits intermédiaires nécessaires, tels que l'acide sulfurique, l'acide phosphorique et l'ammoniac.
La valeur du contrat signé avec l'entreprise italienne s'élève à 500 millions d'euros, a indiqué à Anadolu une source du secteur énergétique algérien ayant requis l'anonymat, tandis qu'aucun détail n'a été fourni concernant le coût d'investissement de l'accord conclu avec le partenaire chinois.
Les autorités algériennes affirment que le projet contribuera à soutenir la sécurité alimentaire du pays et à renforcer la création de richesses grâce à la valorisation des ressources minières et au développement des industries de transformation qui y sont liées.
L'accélération par l'Algérie des étapes de mise en œuvre du Projet de Phosphate Intégré intervient à un moment charnière où le marché mondial des engrais subit des pressions sans précédent, résultant des tensions géopolitiques et des troubles sécuritaires croissants dans la région du Golfe et du détroit de Bab el-Mandeb. [AA]