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Processus électoral : « Avenir Sénégal bi ñu bëgg » émue par « l’incompétence notoire et la partialité » du ministre de l’Intérieur

Mercredi 25 Janvier 2017

Suite au vote par l’Assemblée nationale des deux projets relatifs à l’augmentation du nombre des députés et la refonte partielle des listes électorales, la Plateforme Avenir Sénégal bi ñu bëgg déplore la légèreté avec laquelle le gouvernement a traité les conclusions du comité technique de revue du Code électoral. Pour Me Mame Adama Guèye et Cie, il est temps d’arrêter les manœuvres politiciennes et mettre un terme à l’amateurisme
 
De l’avis de la Plateforme Avenir Sénégal bi ñu bëgg, «après avoir fixé la date des élections législatives au 2 juillet prochain et repoussé le délai de validité des CNI, le gouvernement a convoqué l’Assemblée nationale en procédure d’urgence, le lundi 2 janvier dernier, pour examiner et voter deux projets de loi relatifs, d’une part à l’augmentation du nombre des députés et, d’autre part, à la refonte partielle des listes électorales.» Pour cette organisation, «le vote de ces deux textes en procédure d’urgence était dicté par le souci de respecter le protocole communautaire de la Cedeao, en vertu duquel  est interdite toute modification des textes électoraux dans un délai de 6 mois précédant une élection.»
 
Aussi, au regard de ces deux textes votés par l’Assemblée nationale, la Plateforme « Avenir, Senegaal bi ñu bëgg » déplore «la légèreté avec laquelle le gouvernement a traité les conclusions du Comité technique de revue du Code électoral, qui avait été créé dans le cadre du fameux Dialogue national auquel avait appelé le chef de l’Etat, ainsi que celle ayant conduit au choix initial de la date des prochaines élections législatives, mais aussi, une manœuvre de plus en ce qui concerne sa volonté exprimée d’organiser ces élections législatives sur la base du fichier électoral actuel, au cas où la révision des listes en cours n’aboutirait pas au 31 mars prochain.»
 
Au sujet du nombre de députés de la diaspora, la plateforme rappelle qu’«il convient de relever que les travaux du groupe de travail sur les questions politiques avaient permis, après la révision constitutionnelle de mars 2015 intervenue à ce sujet, de s’accorder sur le nombre de 10 députés, même si un consensus n’avait pas pu être obtenu sur le fait de savoir si ces députés devaient être compris, ou non, parmi les 150 prévus jusqu’ici par la loi.» Mais «en décidant (…), sans aucune forme d’arbitrage, de retenir le nombre, non pas de 10, mais de 15 députés et de les ajouter aux 150 que compte actuellement notre Assemblée nationale, le président Macky Sall et sa majorité ont rompu le pacte qu’était censé sceller, en matière de consolidation du processus électoral, le pseudo Dialogue national voulu.»
 
« Même sur  une question institutionnelle d’importance, le pouvoir est dans une logique clientéliste et électoraliste. »
 
En outre, «cette augmentation du nombre des députés (exacerbe) les problèmes, déjà réels, de maîtrise et de rationalisation des dépenses budgétaires de l’institution parlementaire, aussi bien sur le plan des rémunérations et avantages que sur celui des autres dépenses de fonctionnement.» En fin de compte, «le pouvoir continue toujours de se placer, même sur  une question institutionnelle de cette importance, dans une logique clientéliste et électoraliste.»
 
A propos de la date des élections législatives, la plateforme dénonce «l’imprévision, l’impréparation, la précipitation et, en conséquence, l’amateurisme du gouvernement qui, après avoir convoqué l’Assemblée nationale en session spéciale pour respecter ce délai communautaire de six mois entre le 2 janvier et le 2 juillet, vient d’envisager la possibilité d’un report des élections, soi-disant après une concertation avec la classe politique, en raison du mois de ramadan qui coïncide avec la période initialement choisie.» Selon Me Mame Adama Guèye et ses alliés, «ce fait illustre, si besoin en était encore, les carences de l’appareil administratif du Président Macky Sall et, en particulier, l’incompétence notoire de son ministre de l’Intérieur, en sus de sa partialité, ce qui explique qu’il soit récusé sans relâche par l’opposition.» (Par Abdoulaye Mbow)
 
 
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