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PATHE MBODJ (PSYCHOLOGUE): «Le Président Macky Sall est un homme seul»

Lundi 18 Juillet 2016

Incompris
Ce n’est pas une gouvernance autoritaire. Le problème est que le Président Macky Sall est seul. Et quand on fait une étude psychologique du Président Macky Sall, ce qui frappe, c’est la solitude de l’homme qui a toujours été seul dans les moments de prise de grandes décisions. Il faut surtout considérer son passé. Il a été une personne qui a traversé des moments durs durant toute sa vie, mais qui a eu la récompense suprême. Peut-être même une récompense divine. C’est pourquoi il veut la manier de manière beaucoup plus responsable.

Car, au fond, c’est lui qui est élu et qui a invité des gens pour partager le pouvoir. Et ce sont des gens qui ne l’ont jamais aimé et jamais soutenu. Il les a associés librement dans le pouvoir et ils font tout pour le gêner. En vérité, les coalitions du second tour n’ont aucune sincérité et la réalité sur le terrain prouve que ceux qui se mettent devant pour le défendre, n’ont aucune notoriété sur la masse qu’ils prétendent diriger. Il y a la crise au Parti socialiste (Ps) avec Khalifa Sall et Aïssata Tall Sall, il y a la crise à l’Alliance des forces de progrès (Afp) avec le départ de Gackou.
 
Seul
Donc, le Président Macky Sall comprend très bien que ceux qui sont autour de lui et qui prétendent le servir, ont d’autres desseins par rapport à lui qui a une vision pour un pays. Donc, au vu de son parcours, il a envie de laisser une empreinte. Pour cela, il devra prendre tout seul des décisions. N’oubliez pas que tout pouvoir est solitaire et la hauteur du pouvoir donne souvent l’impression qu’il est incompris. En réalité, il est incompris par ceux qui le combattent et par ceux qui sont avec lui. En tout cas, il n’y a aucun moment de combat où il a senti des gens autour de lui. Ni l’Apr, ni le Ps encore moins l’Afp.

Avec l’histoire de Karim Wade, vous avez vu certains de ses alliés le critiquer. En vérité, Macky Sall est dans un mouvement qu’il anime tout seul, il y a une musique qu’il entend tout seul et sur laquelle il danse tout seul alors que les autres font des faux-pas et de la contre-danse. Donc, il est obligé de prendre tout seul des décisions, car, quand il est confronté à des problèmes, il n’y a personne pour le défendre. Ses ennemis font dans la surenchère inutile et ses alliés une prudence inutile.
 
Nécessité
Dans les alliances, les gens n’ont pas la même épaisseur physique, philosophique, politique. Chacun tire à hu et à dia. On se demande même comment Tanor Dieng ou Moustapha Niasse peuvent-ils être dans un système où l’on prend telle et telle autre décision impopulaire par rapport à la population alors que c’est la nécessité qui demande tout cela. Par exemple, si l’on prend l’affaire Karim Wade, une partie de l’électorat va être déçue, comme les Sénégalais ont été généralement déçus de la gouvernance du Président Macky Sall où chacun semble s’intéresser à lui plutôt qu’au pays.

Cela va lui coûter quelques voix, mais il lui appartient de prouver la justesse de son geste. Il faut savoir que Karim Wade n’est pas un produit, ni un programme encore moins un résultat à présenter aux Sénégalais. En tout cas, du point de vue de la marche de la justice, on a vu Aïdara Sylla mis en prison pendant un an parce qu’il avait des chèques, avant de lui demander pardon. C’est le même cas avec Aïda Ndiongue avant qu’on la libère et qu’on lui rende ses biens. Avec Karim, on a entendu 3 000 milliards francs CFA, 600 milliards francs CFA sans parler des dangers à exposer le pays à un niveau interne et externe pour finalement dire que l’on va le gracier.
 
Les ennemis, sa chance
Je pense qu’il a eu le temps d’apprendre pendant deux ans et le temps d’essayer pendant deux ans. Mais cela n’a pas beaucoup marché. Et, autour du faux débat de l’appel au dialogue national, il a pu mesurer quelle était la réalité des poids de chacun. Autour du débat sur le dialogue national, il a pu avoir des gens autour de lui et pu comprendre que sa chance résidait moins dans ses alliés qu’avec ses ennemis.

Il a fait des pas vers ses ennemis. D’ailleurs, la libération de Karim Wade va poser une problématique interne au Parti démocratique sénégalais (Pds) qui va s’éclater. Aussi, la rencontre de la famille libérale fera que les gens vont préférer un homme sur place, parce qu’il faut le dire, Karim Wade ne sera pas candidat. En définitive, il va déstructurer le Pds sans oublier que tous les Bennoo vont imploser. Il renverra certainement les législatives car, s’il se fait taper sur les doigts dès 2017, il risque de perdre la présidentielle. 

(Paru dans Nouvel Hebdo)
 
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