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Macky Sall, Tgv de l’année

Jeudi 15 Décembre 2016

En homme pressé par le second mandat libératoire, le président de la République a passé son temps à inaugurer des réalisations encore en chantier…et à promettre de grossiers montages promotionnels qui participent plus à un mauvais casting auquel seule son épouse donne  un relief…coloré.

Pape Konaré est décédé le mardi 13 décembre au matin, sur le chantier du pont de l’Émergence de la Patte d’Oie.
 Cet ouvrage inauguré le 23 juillet bouclait la tournée régionale de Macky Sall à Dakar partagée entre promesses électoralistes,  poses de première pierre et inaugurations, quitte à jouer au Train à grande vitesse (Tgv) en réceptionnant avant terme des réalisations encore en chantier, donc non encore entièrement terminées. En droit administratif, on parle de réception provisoire, encore qu’il faille nuancer en précisant que l’ouvrage est bel et bien terminé. Le pont de l’Émergence faisait partie de ces réalisations réceptionnées à la va-vite et un ouvrier en est mort, six mois après sa réception théorique par l’État avec l’ouverture officielle présidée donc en juillet.
 
De Bokhol à Malicounda Bambara, d’Est en Ouest, du Nord au Sud du Sénégal, en passant par les cités religieuses, Macky Sall s’est pliė en quatre pour l‘énergie, les infrastructures, le numérique (Atos)…pour se donner un bilan pas toujours convaincant, Malicounda présentant déjà, par exemple, quelques interrogations ; il en est de même du pont, au point d’entraîner une mort d’homme qui serait moins lourdement et socialement tolérée si le nom du président de la République n’y était pas associée avec l’inauguration du 23 juillet dernier
 
Cette stratégie Tgv a un nom, celui de communication d’État ou gouvernementale et elle pèche ainsi et par ailleurs par son invraisemblance tellement elle donne le tournis par un calendrier d’homme pressé : les promesses sont trop grosses pour passer avec, en plus des réalisations,  14 Conseils des ministres délocalisés, un taux d’exécution de 55% au bilan du dernier, le 20 juillet, bilan officiel. Chiffrés, ces 55 % des 13 précédents auraient coûté 1.573 milliards.
 
Le décalage entre les sommes avancées et le vécu quotidien des populations des 13 régions est tel que personne n’a vu les retombées sociales de ces raccourci de propagande, donc de communication gouvernementale et d’État, ce qui en affaiblit d’autant la portée : dans les détails en effets, Saint-Louis (75%), Kaolack (57%), Ziguinchor (73%), Matam (141%) et  Thiès (72%) ne se seront pas développés au même rythme que les chiffres de l’État avancés par le porte-parole du gouvernement le 20 juillet dernier, lors de la 14ème et ultime cérémonie de conseil des ministres décentralisés.
 
À la veille de sa visite d’État de cinq jours en France et en guise de consolidation des relations d’affaires entre la France et le Sénégal, le président de la République a lancé le chantier du Train express régional (Ter) ; cet ultime gros montage avec le transfert d’éléments fabriqués à l’extérieur et rassemblés à Dakar est un dernier pied de nez à une stratégie de communication sans goût autre que le relief donné par la Première dame plus souvent en ligne en cette fin d’année : par sa présence et surtout par un synopsis qu’elle a pu imaginer, Marème Faye Sall a forcé son homme à donner un visage plus humain à certaines de ses activités : le ruban de Tivaouane (Fekke Ma Ci Bolle), l’intelligente répartie de Kaolack, le rouge pudique de Dakar ont déridé des manifestations d’autant plus austères qu’elles ne donnaient lieu à aucune manifestations culturelles accompagnant souvent les sorties du couple présidentiel.
Pathé MBODJE, M. Sc, Journaliste, sociologue
 
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