Connectez-vous

Le Président Sall aux bons soins de ses papys émergents !

Vendredi 25 Novembre 2016

Le Président Macky Sall serait-il un disciple d’Amadou Hampâté Ba qui disait qu’un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle ? En tout cas, en tenant compte du nombre de retraités qui sont maintenus à leurs postes, promus ou en voie de l’être, il apparaît ainsi comme l’un des chefs d’Etat qui aura le plus contribué à l’émergence et à la promotion de vieux briscards de toutes catégories.
 
On ignore ce qui peut pousse le chef de l’Etat à assurer de manière si continue la promotion des « vieux » dans notre pays. Ce qui semble irréfutable, par contre, c’est que de tous ses prédécesseurs, il est en voie d’être – et il l’est déjà - celui qui aura le plus contribué à maintenir des retraités à leurs postes où à assurer leur promotion. Ces « vieux » seraient-ils plus compétents que les jeunes générations ? Sont-ils plus loyaux ? Ou, plus simplement, sont-ils plus et mieux contrôlables après avoir raflé bien des honneurs au cours de leurs carrières ?
 
Aujourd’hui comme hier, alors que l’âge de la retraite peut aller jusqu’à 65 ans, des retraités s’accrochent à leur poste, vaille que vaille, bien après le terminus. Pour y arriver, certains sont obligés de se trouver des « bras longs » dans la très haute administration. D’autres, plus peinards, se font retenir par une certaine hiérarchie politique ou technique. Un « vieux » qui sert encore bien sa fonction, c’est le très discret Cheikhou Cissé, à la retraite depuis 2010.  Administrateur civil, ancien directeur de la Police nationale, il est secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Il semble indéboulonnable, alors que les ministres passent. Dans ce même département, Omar Tine, le chef du service des télécommunications, est à la retraite depuis le début de l’année 2016. Il est encore en place.
 
Un autre cas de promotion de la vieille garde : il concerne de Papa Dieng, parti à la retraite mais maintenu en activité comme directeur général de la Suneor (redevenu Sonacos) après avoir été directeur général de la Senelec. Quant à  Socé Diop Dione, elle ne devait plus être à son poste dans la fonction publique depuis janvier 2015, mais elle reste directrice générale de l’Agence de la construction des bâtiments et édifices publics (Acbep).
 
Politiciens alliés
Dans la longue liste des vétérans promus, se trouvent Yérim Thioub, patron de l’Agence nationale des affaires maritimes (Anam) et Siré Dia, directeur général de la Poste. Il y a aussi Seydou Sy Sall, directeur général du Pôle urbain de Diamniadio (DGPU), Bachir Diop, directeur de la Société de développement et des fibres textiles (Sodefitex).
 
On ne parlera pas des vieux dinosaures de la scène politique qui refusent d’accrocher leurs écharpes. Ils s’appellent Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng, Djibo Ka, Amath Dansokho, entre autres. Ils occupent des stations privilégiées dans la galaxie Sall. En effet, dans le lot des retraités émergents, on trouve Amadou Samba Kane. Ce vieux, réputé compétent, trône toujours à la direction générale de la Loterie nationale sénégalaise, les yeux rivés plus que jamais sur le slogan : « la fortune aux souscripteurs, les bénéfices pour le développement de la Nation ». 
 
Les cas que l’on pourrait considérer comme des émergences moindres, ils concernent les « vieux » nommés à la tête de conseil d’administration. Comme Abdourahmane Seck Homère, beau-père du président de la république et président du conseil d’administration de Petrosen, la société d’Etat en charge de la gestion du pétrole sénégalais… A la chancellerie, si l’ancien procureur spécial, Cheikh Tidiane Mara, n’a pas été maintenu à son poste, il n’a pas chômé pour autant : bombardé aussitôt après vice-président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac).
 
La colère de l’Ums
Dans la justice, l’adoption du dernier projet de loi sur l’organisation et le fonctionnement de ce service public contient une disposition qui, confirmée, maintient à leurs postes pendant 5 autres années, le 1er Président et le Procureur général près la Cour Suprême. Il est de notoriété publique en effet que Mamadou Badio Camara et Cheikh Tidiane Coulibaly ont atteint l’âge fatidique de leur carrière. Cela n’a pas échappé à l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), courroucée par cette mesure du président de la république et selon qui cette consécration de vieux magistrats constitue un frein à la carrière des plus jeunes de la corporation. Une assemblée générale extraordinaire de l’Ums a été suspendue à la demande  du ministre de la Justice.
 
Au Sénégal où l’âge de la retraite dans la fonction publique varie de 55 à 65 ans, il est permis, dans l’administration, de demander une rallonge de deux ans avant la date pour prendre ses droits à la pension de retraite. La décision appartient au Président de la République et seulement à lui.
 
Des exceptions notables
Toutefois, il y a sans doute des exceptions à cette course effrénée vers des années supplémentaires dans la fonction publique. Elles concernent l’ancien premier président de la Cour des comptes, Abdou Bame Guèye, l’ancien Procureur général près la Cour suprême, Abdoulaye Gaye, l’ancien premier président de la Cour d’appel de Saint-Louis, Gora Seck : nos sources nous affirment qu’ils sont partis à la retraite au terme de bons et loyaux services à la nation, selon la formule consacrée.
 
Si des séniors qui croient être dans les dispositions physiques et psychiques pour servir au-delà de leur âge de retraite rencontrent des difficultés sur le marché du travail, le président Sall leur facilite ainsi la tâche à travers des mesures spécifiques. Mais en privilégiant ces retraités, il ne manque pas d’essuyer des critiques de la part de ceux qui sont d’avis que le retrait des vétérans du marché du travail favorise l'emploi et la promotion des autres tranches d'âges.
 
Il est important de faire remarquer également que la plupart de ceux qui obtiennent le droit de poursuivre leur carrière après l’âge légal de la retraite ne sont pas choisis par hasard. C’est le cas du président et du procureur général près la Cour suprême, éléments essentiels dans le processus de validation des actes électoraux. D’autres sont des politiciens qui ont besoin d’être maintenus à la tête de structures à partir desquels ils pourront disposer de ressources pour financer leurs activités politiques partisanes. Certains sont des alliés à qui il faut également donner les moyens de soutenir la politique du président de la république… (Ndiogou CISSE)
 

 
Nombre de lectures : 79 fois

Nouveau commentaire :










Inscription à la newsletter