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Babacar Justin Ndiaye (journaliste-éditorialiste): «Un Homme qui prend en charge l’indépendance du pays»

Lundi 29 Mai 2017

Voyons le type de Président que nous avons consommé depuis l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. La décolonisation concertée, c’est-à-dire l’indépendance non arrachée, renferme les germes d’une programmation des hommes politiques à propulser à la tête du nouvel Etat sénégalais.

Le Président Senghor était dans la manche de la France plus jeune que Me Lamine Guèye, issue d’une minorité chrétienne et pétri de culture française. Senghor était le prototype du garant de l’ancrage de l’influence française. Mission bien accomplie.
 
Abdou Diouf est un pur parfait et performant produit de l’École nationale de la France d’Outre-mer, initialement formé et formaté pour administrer les colonies. Donc, à l’heure du crépuscule de la colonisation, lui, présentait toutes les ‘’vertus’’ de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut pour pérenniser l’emprise de l’empire.

La suite des évènements souligne un rôle préétabli et prépondérant pour lui. Il a succédé au Président Senghor par le biais de l’article 35 en tant que dauphin et non en tant qu’élu du peuple sénégalais. Il a stabilisé le système avec beaucoup de talent en prenant l’ajustement structurel.
 
«Aujourd’hui, c’est le printemps de l’hégémonie française»
Quant à Me Abdoulaye Wade, il n’a été ni copté, ni parrainé par une France où des socialistes comme Senghor et Diouf détenaient le monopole des amitiés de Gauche comme de Droite. Par conséquent, Wade a été le Président élu par Yeumbeul, Guédiawaye, c’est-à-dire la rue. D’où sa gouvernance autonome et brouillonne qui en fait un ‘’Président spécial’’ pour reprendre James Wolfensohn, ancien président de la Banque mondiale.
 
Macky Sall est l’anti Wade paradoxalement issu des entrailles du wadisme. C’est déjà tout un programme en filigrane ou en flagrance. Chateaubriand disait : «Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps.»

Aujourd’hui, c’est le printemps de l’hégémonie française au Sénégal en dépit du braconnage économique et diplomatique de la Chine et de l’Inde en Afrique. Donc, il nous faut un Président qui prend en charge l’indépendance du pays tout en assumant un nationalisme exigeant sans être autarcique.   
 
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