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BENNO BOKK YAAKAAR : Un rôle de cinquième colonne assumé

Mercredi 29 Mars 2017

Les politiciens de Benno Bokk Yaakaar, souteneurs indéfectibles à défaut de conquérir le pouvoir par eux-mêmes, ont rangé leurs illusions. Ils s’affirment désormais comme une cinquième colonne au service d’une démolition de la démocratie et de libertés. En échange de maroquins partisans et personnels.
 
 
«L’affaire Khalifa Sall» est un formidable baromètre de positionnement et de représentation des postures entretenues par des acteurs politiques de divers horizons. De manière générale, personne ne se prononce contre le principe de la reddition de comptes, une demande sociale sensée, pertinente et profitable à la collectivité nationale et en premier lieu aux gérants de deniers publics. « Un homme averti en vaut deux », dit le dicton.
 
Dans les faits, selon qu’ils sont au pouvoir ou dans l’opposition – sans que cela soit vrai systématiquement - les acteurs politiques développent des points de vue changeants et mutants. On s’interroge par exemple sur la crédibilité du Parti démocratique sénégalais (Pds) qui prend aujourd’hui la défense de Khalifa Sall au sujet des suites judiciaires qui ont été données à la gestion de la caisse d’avance de la mairie de Dakar.
 
En douze ans de pouvoir, certains pontes libéraux ont franchi les limites d’un gangstérisme d’Etat qui aurait dû leur valoir plusieurs centaines d’années de prison cumulées. Seuls la faiblesse et les calculs politiciens du successeur d’Abdoulaye Wade leur ont épargné le bagne. Mais à côté, les élucubrations de la coalition Benno Bokk Yaakaar sont encore beaucoup plus graves et invraisemblables tant elles défient leurs engagements antérieurs.
 
Dans un communiqué rendu public le 8 mars dernier, le secrétariat permanent de Benno Bokk Yaakaar, coalition allié du président de la république, affirme : « C’est (….) pour l’utilisation frauduleuse de fonds publics destinés à la régie d’agence de la Mairie de Dakar, à hauteur du montant global de un milliard huit cent trente millions (1.830.000.000) CFA que Monsieur Khalifa Sall et ses collaborateurs sont aujourd’hui inculpés par le Doyen des Juges du Tribunal de Grande Instance de Dakar, pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et détournement de deniers publics. Voilà pour les faits. »
 
En attendant le procès devant un tribunal, la coalition BBY dont les deux piliers sont Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, respectivement président de l’assemblée nationale et président du Haut conseil des collectivités territoriales, confirme son soutien à la logique de justice sélective déployée par le pouvoir, côté pile. Côté face, elle est contrainte de constater son empêtrement quasi irréversible dans un agenda politique dont il est un spectateur simple.
 
L’égalité des citoyens devant la loi, le caractère impersonnel de la loi, le lien ombilical de plus en plus fort qui soumet le parquet à l’exécutif où la domestication du service public de l’information ne sont plus des sujets conflictuels à ses yeux.
 
Les ex-hérauts de la démocratie et de la bonne gouvernance sous le régime Wade ont franchement évolué. Leur activisme d’hier est à la mesure de leur cynisme d’aujourd’hui qui les pousse à des démissions coupables par lesquelles elles donnent carte blanche au chef de l’Etat dans son entreprise calculée de transformer la démocratie sénégalaise en un système adhésif qui frise le culte de la personnalité.
 
Leur pacte est grossier car il semble reposer en grande partie sur une sorte d’échanges de marchandises qui ne dit pas son nom : « vous nous attribuez des postes de responsabilités, nous vous laissons gouverner comme vous le souhaitez. » Tous y trouvent leurs comptes partisans, mais les contre-pouvoirs se sont affaissés, au grand dam de la gouvernance sobre et vertueuse.
 
S’il y a eu festin à la ville de Dakar sur les fonds de la fameuse caisse d’avance, il n’est pas exclu que des élus municipaux de la coalition Benno Bokk Yaakaar, qui participent à l’administration de la capitale depuis 2009 aient pris leur part… (Momar Dieng)

 
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