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Algérie: vives critiques après des propos antimigrants d'un haut dirigeant

Dimanche 9 Juillet 2017

Les défenseurs des droits de l'Homme en Algérie ont dénoncé dimanche des propos "scandaleux" et "dignes de l'extrême-droite européenne" tenus à l'égard des migrants par l'un des plus hauts dirigeants du pays, Ahmed Ouyahia.

"Ces étrangers en séjour irrégulier amènent le crime, la drogue et plusieurs autres fléaux", a déclaré samedi à la chaîne privée Ennahar M. Ouyahia, directeur de cabinet du président Abdelaziz Bouteflika avec rang de ministre d'Etat, l'un des hommes forts du régime.

"Ces gens-là sont venus de manière illégale (...) On ne dit pas aux autorités +jetez ces migrants à la mer ou au-delà des déserts+, mais le séjour en Algérie doit obéir à des règles", a ajouté M. Ouyahia, également patron du Rassemblement national démocratique (RND), deuxième parti d'Algérie et allié du Front de libération nationale (FLN) de M. Bouteflika.

Interrogé par l'AFP, le secrétaire général de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH) Abdelmoumene Khelil a fustigé des "déclarations (...) dignes des discours de l'extrême-droite européenne" qui "viennent torpiller le discours équilibré du nouveau Premier ministre sur le sujet".

Le gouvernement du nouveau Premier ministre Abdelmajid Tebboune, issu des législatives de mai, a annoncé son intention d'élaborer une loi sur le droit d'asile en Algérie, qui ne dispose pas de législation sur les réfugiés mais a signé les principales conventions internationales.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, Amnesty International a qualifié de "choquants et scandaleux" les propos de M. Ouyahia.

"De tels propos alimentent le racisme et favorisent la discrimination et le rejet de ces personnes" qui "ont fui les guerres, la violence et la pauvreté", souligne l'organisation de défense des droits de l'Homme. "Il est de notre responsabilité de les accueillir, conformément aux textes internationaux signés et ratifiés par l'Algérie."

L'Algérie a été secouée fin juin par une campagne visant les migrants subsahariens sur les réseaux sociaux, où a fleuri un hashtag en arabe signifiant "Non aux Africains en Algérie" qui avait suscité une vive opposition sur internet et dans la presse.

Lors de la présentation de son programme devant les députés, le Premier ministre avait rappelé "le devoir moral et humain qui nous impose de prêter assistance à nos frères contraints de fuir leurs terres en raison de la pauvreté et des affres de la guerre".
 
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