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A propos de la sortie au vitriol de Oustaz Iran Ndao contre le marabout Ahmed Khalifa Niass

Samedi 1 Juillet 2017

A propos de la sortie au vitriol de Oustaz Iran Ndao contre le marabout Ahmed Khalifa Niass
A la suite des confidences dévoilées au grand public par le marabout Ahmed Khalifa Niass, tenues par son père sur la renommée de Cheikhoul Khadim et de ses vertus religieuses circonscrites sur le Saint Coran et la Sounna du prophète Mohamed (PSL) et de ses liens avec le guide spirituel El hadji Malick Sy, l’animateur d’émissions religieuses Oustaz Iran Ndao s’est livré à une série d’attaques pour fustiger à l’excès les propos du marabout Ahmed Khalifa Niass.
 
Il faut savoir raison garder. On peut aimer ou ne pas aimer le marabout Ahmed Khalifa Niass. Il a le droit de se prononcer sur des questions relatives à l’histoire et le vécu des fondateurs des confréries maraboutiques du pays de la Teranga. Je reconnais que le fait d’aborder de front ces questions peut être source de tension sociale parce que les fidèles sont tellement obnubilés par l’aura de leur guide spirituel qu’ils ont  du mal à s’affranchir d’une certaine conscience collective nombriliste pour faire place à la générosité et à l’acceptation d’un autre guide religieux. Nous pensons tous que notre guide spirituel est de très loin le meilleur de sa génération et que toute tentative de remise en question de son statut peut être perçue à tort ou à raison comme un sacrilège.
 
La sortie virulente de Oustaz Iran Ndao s’inscrit dans cette perspective. Nul n’a le droit dans ce pays où l’appartenance confrérique est un sujet sensible et porteur de tensions sociales aiguës de soulever cette question existentielle dans le dessein de créer le chaos. Notre problème majeur au Sénégal, toutes obédiences confondues, est notre incapacité à faire preuve d’empathie à l’égard d’un autre membre de la société n’ayant pas les mêmes convictions maraboutiques que nous. Nous voulons être plus royalistes que les pères fondateurs des ordres maraboutiques, qui par ailleurs entretenaient des rapports fraternels voire familiaux très solides et par-dessus toutes considérations étaient des frères en religion et qui se vouaient un respect sincère.
 
Le marabout Ahmed Khalifa Niass n’a rien dit d’irrévérencieux sur le guide spirituel de la confrérie tidiane. A mon humble avis, j’estime qu’il  n’a pas eu l’intention de s’en prendre à qui que ce soit, ni de heurter les croyances d’autrui. Il ne faut pas chercher le diable et tirer des conclusions hâtives sans prendre le temps d’analyser froidement les propos tenus par le marabout Ahmed Khalifa Niass.
 
(…) Tout au plus, il s’agit d’un témoignage d’un homme de DIEU en l'occurrence le père du marabout Ahmed Khalifa Niass sur le guide spirituel Serigne Touba Cheikhoul Khadim, un pôle de sagesse, un bienfait du Seigneur des mondes et qui continue à marquer le monde par sa connaissance. Il s’agit juste d’un acte de générosité et de pitié. Tous nos illustres guides religieux ont cherché l’agrément de DIEU et il ne sert à rien de les opposer.
 
La seule interrogation légitime est l’opportunité de ces confidences du marabout Ahmed Khalifa Niasss. Si c’est dans le dessein de provoquer ou si c’est dans une volonté sournoise de titiller la fierté d’une certaine catégorie de talibés mourides, le résultat reste le même. Ces révélations n’intéressent en vérité que les seuls citoyens  sénégalais lambda foncièrement obnubilés par les mises en scène de certains de nos marabouts. Ils sont avides d’images tirées par les cheveux sur les pouvoirs supra naturels de nos guides religieux. Ils feignent d’oublier voire d’ignorer que le Seigneur des mondes élève qui il veut parmi ses serviteurs.
 
Cette surenchère médiatique sur une certaine classification - qui ne dit pas son nom - des marabouts sénégalais en termes de mérite ou de grandeur religieuse doit impérativement  cesser. En vérité, elle ne permet pas de guider davantage les croyants dans la voie de la droiture, du devoir et du respect de l’éthique islamique. Qui plus est, elle crée un fossé entre les musulmans et attise la rancune et la haine au sein des membres les moins avertis de la communauté des croyants.
 
Cette surenchère médiatique sur l’aura de nos guides spirituels par des religieux enturbannés n’a sa place ni dans l’espace public ni dans les cours des familles maraboutiques. Nous avons l’obligation de nous surpasser en matière de bonnes actions et non dans des querelles de chapelles qui nous éloignent inexorablement du droit chemin.
 
Par ailleurs, il y a lieu de souligner que Oustaz Iran Ndao a la latitude d’user de son droit de  répondre à toute personne  et sur tous les sujets de discussion. Toutefois, il ne peut pas et ne doit pas utiliser la tribune de Sen Tv pour menacer ouvertement un citoyen sénégalais, même si au demeurant les propos du marabout Ahmed Khalifa Niass ont titillé sa fierté. Je suis pour la liberté d’expression. On peut certes donner son avis voire dénoncer telles ou telles affirmations, mais tout en refusant de se livrer à la démesure, aux menaces. 
 
Qui êtes-vous, Oustaz Iran Ndao, pour oser publiquement proférer des menaces à peine voilées sur le marabout Ahmed Khalifa Niass sans que les autorités publiques en l'occurrence le procureur de la République ne vous remettent à votre place et vous rappellent les règles élémentaires de la vie en société ? On est où là ? Nous avons le devoir de montrer aux jeunes la voie à suivre sans pour autant dépasser les limites de la bienséance.
 
Qu’attend le CNRA attend pour condamner publiquement la dernière sortie de Oustaz Iran Ndao, qui rompt de manière manifeste l’exigence d’un traitement respectueux de l’information ? Toute attitude attentiste  voire équivoque  de la part du CNRA  à cette polémique outrancière risque de créer un précédent dangereux dans le paysage télévisuel sénégalais.
massambandiaye2012@gmail.com
 
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